Les voyages du Flying Shark

Star Wars Saga Edition

Justice

L’équipe a accepté la mission proposée par le propriétaire originel du Flying Shark, le Hutt Durga Besadii Tai de Nar Shaddaa : en nettoyant une route spatiale apparemment encombrée par des réfugiés jetés hors de chez eux par les fouilles d’un archéologue au service du Consortium de Zann, ils obtiendront la propriété légitime et définitive du vaisseau.

Le champ d’astéroïdes proche de Corellia où se trouve la station minière CIC-SM05784 – Tom Edwards ©

Le Shark se pose ainsi sur l’astéroïde minier CIC-SM05784, une installation désaffectée depuis une cinquantaine d’années, faute de rentabilité suffisante pour la Compagnie d’Ingénierie Corellienne qui l’exploitait. A la surface, c’est la confusion. Des débris de vaisseau et des cargaisons éventrées jonchent le sol sur des kilomètres. Des corps sont retrouvés, certains ayant été sans aucun doute massacrés. En orbite autour de l’astéroïde se trouvent des vaisseaux de transport sullustéens affrétés par un syndicat de mineurs connu pour sa dureté. C’est ce déploiement qui est responsable de l’interruption du trafic sur la voie hyperspatiale de contrebande établie par le Soleil Noir dans la région de Corellia. Et sans doute du carnage constaté au sol. Le Shark s’en débarrasse sans difficulté, mettant ainsi fin à la pluie mortelle d’objets que ces appareils projetaient à la surface de l’astéroïde.

Station minière CIC-SM05784

En empruntant l’énorme élévateur, Dal Una et Sweefty laissent derrière eux le carreau de la mine et découvrent plusieurs centaines de mètres sous la surface une grotte aménagée aux dimensions colossales. Une base-vie, un local technique et des équipements de minage indiquent que les lieux ont dû accueillir une forte activité mais aujourd’hui, tout est silencieux. Et pour cause. La caverne est un tombeau. Une dizaine de cadavres âgés de quelques semaines ont été alignés devant l’immense porte circulaire qui bloque l’accès à la galerie 3. Des humains et de Sullustéens, exécutés de tirs de blasters ou de coups à la tête. Des barres de fer ensanglantées témoignent de l’extrême violence de ces mises à mort. Par ailleurs, la terre brassée devant la porte 3 recèle de nombreux ossements, ceux d’une vingtaine d’individus, essentiellement humains mais aussi Séloniens, Twi’leks, Ithorien… Eux sont là depuis des décennies.

Mais leur attention est avant tout captée par l’unique être vivant des lieux, un Sullustéen aux vêtements de qualité en complet décalage avec l’atmosphère poussiéreuse et les tenues techniques de l’équipe qui a trouvé la mort dans ce gouffre. Il scande quelque mots : “Ici est un lieu sacré, un temple de Loi, de Justice et de Pénitence. Car c’est ici que tout s’acheva. Le souvenir renaît, l’appel est lancé. Nous serons des milliers.”

Après cette furieuse imprécation, il se colle le canon d’un blaster dans la bouche et fait feu.

La porte 3

Dal Una et Sweefty privilégient la piste d’un groupuscule fanatique, meurtrier et suicidaire, à l’œuvre dans cette mine abandonnée. Le datapad découvert sur le corps du dernier Sullustéen leur permet d’affiner leurs hypothèses. L’appareil a servi de journal de bord au responsable de l’expédition d’exploration qui a fouillé cet astéroïde, un certain Menk Azzameen, qu’il faut vraisemblablement identifier à l’archéologue du Consortium de Zann. Avec son équipe, il sillonnait la région en quête d’installations ou de sites à piller et a fini par tomber sur CIC-SM05784. Son principal conseiller, un Sullustéen nommé Dun-Nan-Ook, aurait fait ici une découverte qui l’a conduit à appeler ici des « renforts » et à séquestrer toute l’expédition. Le datapad décrit l’arrivée de « renforts » Sullustéens, sans doute appelés par Dun-Nan-Ook puis la lente descente aux enfers des hommes d’Azzameen. Même Dun-Nan-Ook a été exécuté, comme si tout cela faisait partie d’un rite ou d’une procédure bien établie.

Dal Una et Sweefty pensent que l’expédition est arrivée par hasard sur cet astéroïde mais que Dun-Nan-Ook aurait reconnu les lieux, sans doute grâce au symbole peint sur la porte 3 et au charnier qui s’étalait devant elle. Le Sullustéen, fanatique dormant, aurait alors contacté ses pairs et fait bloquer l’accès à la mine, condamnant tous ceux qui s’y trouvaient. Personne ne devait en sortir vivant mais le message de cette découverte était transmis.

Le symbole de Justice sur la porte 3

Le symbole frappe immédiatement Dal Una pour qui la liberté des peuples non-humains a toujours été une préoccupation : il s’agit de la marque d’un terroriste nommé « Justice » ayant sévi il y a une trentaine d’années dans les mondes du cœur. Il a détourné un vaisseau de plaisance appartenant à un puissant dirigeant de la Compagnie Corellienne d’Exploration et a sillonné les mondes centraux en faisant halte autour de planètes connues pour leur importance dans l’histoire de l’expansion humaine. Là, il exposait ses revendications et lançait un ultimatum. Il ne fut pas entendu et son voyage se solda par la mise à mort de tout l’équipage. Le vaisseau, Justice et la famille Nesh disparurent aux alentours de Corellia.

Bien sûr, derrière la porte, au fond d’une galerie, c’est la Flèche de Talus qui dort, le vaisseau de la famille Nesh. L’appareil piégé dans la roche est envahi d’une végétation exubérante, lianes, mousses, champignons luminescents, fleurs grasses et pâles tendues vers les veilleuses encore en activité. Le vaisseau est absorbé par une gangue humide et tiède où grouillent insectes et rongeurs qui ont fait de l’épave un écosystème étouffant mais étrangement viable*.

L’exploration des lieux montre que la famille Nesh y a été mise à mort, peut-être par un droïd assassin qui repose, détruit, près des corps. L’analyse approfondie de ses banques de données montre que ce droïd a filmé le dernier message du Justice à destination de la galaxie : « Vous avez choisi de ne pas écouter la voix des milliards silencieux. Je vous arracherai les ailes, je vous trancherai la langue, je percerai vos oreilles, j’abattrai vos temples. Pour la Loi, par la Justice, en Pénitence. »
Par ailleurs, son dernier propriétaire était un Rodien du Clan Oko.

L’analyse du navordinateur permet d’établir les dernières destinations du vaisseau : Corellia, Coruscant, Chandrila et Corulag.

Enfin, Dal Una et Sweefty découvrent dans les profondeurs du vaisseau une créature sauvage et agressive : Kala Nesh, un des deux fils survivants du massacre qui avait établi sa tanière dans une capsule de sauvetage. Trente ans de survie impossible, à laper l’eau qui ruisselait dans le vaisseau, épuiser les énormes réserves de nourriture que Kilis Nesh avait placées par sécurité en soute pour son dernier périple, à chasser la faune dérisoire qui pullule dans les coursives.

Bothawui – Corellia – Sullust

Dal Una et Sweefty, après avoir récupéré toutes les informations permettant de comprendre les événements, entreprirent de collecter tous les objets d’intérêt (dont une cuve à bacta pour le Flying Shark), de prendre en charge Kala Nesh, de conclure la mission auprès de Durga avant de revenir à la base de Bothawui pour écouler une partie de la marchandise découverte dans le vaisseau des Nesh et renflouer les caisses.

Maintenant, reste à savoir si l’équipe du Shark compte s’intéresser au feu allumé par la redécouverte de la Flèche de Talus…

Datapad de Menk Azzameen
Journal de bord

36:04:02

Salut Journal, ou plutôt devrais-je dire AB-4X, mais je préfère dire Journal. Cela me permet d’oublier un temps que je ne suis pas en train de raconter mes pitoyables pérégrinations à un chaperon du Consortium. Personne ne lira cela de toute manière. Qui dans ce soi-disant Consortium peut avoir le moindre intérêt pour mes prétendues missions. Une année standard que je fais les poubelles de la galaxie, même pas fossoyeur, mais clochard plongé dans les déchets à la recherche « d’objets ou informations susceptibles de justifier l’engagement de missions d’exploitation et de valorisation ». Une fichue chasse au trésor, sans carte et sans trésor, voilà tout. Une honte de se voir ainsi sous-employé. J’ai un diplôme de l’Académie Impériale après tout ! Heureusement que ce qui me sert de contrat comporte le seul argument qui compte : des crédits et un long voyage loin de mes problèmes.

36:04:06

Blablabla arrivée dans le système Corellia et sa ceinture météoritique blablabla rien à signaler. Je viens de me heurter aux routines de vérification de ce damné droïd qui ne me lâche plus : je respecterai les protocoles de rapport lorsque ma tâche aura un sens et qu’AB-4X cessera de me rappeler leur importance avec ce ton à la fois idiot et méprisant. Je vais l’abandonner sur un caillou si son babillage ne cesse pas. Je vais nous déployer sur 4 sites d’intérêt. Façon de parler. Des mines désaffectées. L’équipe de recherche et mon appareil nous poserons pour une journée standard d’approche sur chaque astéroïde pour évaluation. Gloire au consortium, nous allons sans doute tomber sur une caisse pleine de crédits ou une trouvaille qui me permettra de finir ma thèse. Je plaisante. Plutôt mourir que de les laisser s’abreuver à mon travail. Je finirai ma thèse sur un autre monde, et sous un autre nom. Le Consortium y pourvoira.

36:04:11

Rapport de mission 011-VBN500001A Secteur Corellien | Système Corellien | Coord. jointes.
J’ai fait déployer l’équipe de fouille et les droids sur l’objet E.
Il s’agit d’une station minière de la Corporation d’Ingénierie Corellienne (CIC-SM05787) qui y extrayait des métaux rares entrant dans la composition des propulseurs hyperspatiaux de dernière génération. L’installation est abandonnée et démantelée. Une lecture superficielle des systèmes sur place indique que les forages ont été rapidement abandonnés pour des questions de rentabilité : la présence d’une importante couche de tunqstoïde dans le manteau de l’astéroïde, bien qu’économiquement pertinente en soi, rendait l’accès aux matériaux convoités sans intérêt.
Les scans n’ont rien donné, nous avons donc évacué la zone après 3 jours d’investigation. Nous faisons route vers l’objet G, situé à 15 heures de vol subluminique.

PS – veuillez accepter mes excuses en ce qui concerne mon manque de discernement et de professionnalisme dans la consignation de la conduite de ces opérations. J’ai conscience de la chance qui m’est accordée et des enjeux que représente cette tâche pour le Consortium. Soyez assurés que le non respect des procédures de rapport n’implique absolument pas que je prends ma tâche avec légèreté. Le terrain est mon coeur de métier, vous ne serez pas déçus. Enfin, je gère nos ressources avec vigilance et parcimonie, l’expression déplacée de mes sentiments à l’égard du droïd AB-4X n’indique en rien que je souhaite réellement le détériorer et ainsi porter préjudice au Consortium. Votre message, légitime et auquel je souscris, est parfaitement passé

36:04:12

L’objet G est également une station minière de la CIC (CIC-SM05784) qui a fermé ses portes après une période d’intense activité. Les scans indiquent d’importants résidus minéraux tout à fait prometteurs. La CIC est si riche qu’elle ne prend pas la peine de mener ses équipes de forage au plus profond et c’est une chance pour le Consortium. Je procède au déploiement du transport et de nos équipes. Mes 22 ouvriers et 8 droïds sont tout entiers voués à la tâche.

36:04:13

Nous avons pris possession des infrastructures de base et occupons la station de surface, le carreau de fosse. Une unité de survie de terrain a pu être installée, le bâtiment principal de la station étant encore capable de retenir une atmosphère respirable et présentant une bonne configuration pour l’installation du camp de base. La visite des hangars n’a rien donné mais les systèmes informatiques encore en place après la mise hors service de la station indiquent que le puits principal était pressurisé. Quatre galeries rayonnent depuis le fond du puits et nous les explorerons. L’équipe est enthousiaste. Étrange de contempler ces lieux silencieux, rangés avec soin, comme une chambre d’hôtel après un long séjour studieux.

36:04:15

Nous avons assez facilement relancé les systèmes de pressurisation du fond de mine. Des appareils sans doute trop vieux ou trop difficiles à extraire pour être emportés pour recyclage lors de la fermeture de la station. J’aimerais avoir plus de droïds pour les premières explorations, en guise d’éclaireurs, mais nous devons nous résoudre comme souvent à descendre nous même. Non pas que nous manquions de droïds de Classe 5 pour les travaux les plus lourds, mais sur ce coup, nous avançons vraiment à tâtons et ces installations nous donnent la dangereuse illusion de s’être simplement endormies. Mes hommes semblent croire que dès que quelque chose clignote ou émet des sons dans une de ces mines oubliées, la situation est sous contrôle. Ils ignorent que les systèmes informatiques et les machines qui entretiennent ce genre d’endroit sont parmi les plus frustes et les plus robustes de la galaxie. Trop simples et anciennes pour tomber en panne pourrait-on dire. Il n’en va pas de même des structures, des galeries, des étais, des conduites. Tout peut bien briller de mille feux, brasser un bon air et avoir ses systèmes de communication parfaitement opérationnels, mais cela ne nous sera d’aucune utilité si tout devait s’effondrer sur nous.
Dun-Nan-Ook est là pour ça. Tempérer l’enthousiasme de ces apprentis mineurs qui ne sont finalement que ce pour quoi ils ont été embauchés : des collecteurs, mais pas des professionnels de l’excavation, de la progression en milieu hostile. Finalement, toutes ces opérations requièrent des compétences que je ne soupçonnais pas. Et c’est maintenant que je dois descendre dans la bouche béante de l’unique puits de la station minière CIC-SM05784 que je comprends que les gens de la Corellienne savaient ce qu’ils faisaient.

36:04:15

J’ai formé une équipe de reconnaissance de 6 personnes, moi compris. J’ai bien senti que je ne devais pas passer mon tour. Je dois montrer l’exemple et afficher que je mérite ce poste nécessitant à la fois courage et capacité de planification. Je ne me sens pas en difficulté à l’égard de mes hommes, pas réellement. Mais je souhaite éviter un incident du fait d’un excès de confiance et surtout leur montrer que je les comprends, que je suis avec eux. Dun-Nan-Ook a été d’une aide précieuse en me permettant de prendre les meilleures décisions sur le plan logistique et technique, de relayer ma voix auprès d’eux mais je ne peux pas me permettre de ne m’appuyer que sur lui. Je ne le crois pas capable de me jouer un sale tour mais je dois être au premier plan. Non, je n’aime pas ça. Nous allons descendre dans moins d’une heure. Dun-Nan-Ook a choisi un de ses semblables de Sulon. Il dit être comme à la maison. Voilà qui me rassure. Je ne sais pas pourquoi je devrais l’être pourtant.

36:04:16

Cela fait 4 heures que nous sommes au fond. Je n’ai pas encore pris ma décision quant à la suite des opérations. La descente s’est déroulée sans problème, nous avons utilisé la plateforme élévatrice, un monstre de métal qui descend en grondant dans les profondeurs et nous avons rapidement trouvé, quelques centaines de mètres plus bas, la salle principale plongée dans la pénombre. Les systèmes de survie fonctionnent, une atmosphère ténue nous permet d’économiser les réserves de nos masques et de n’utiliser que des scaphandres légers. La salle principale est immense, un temple taillé dans le roc avec quatre immenses portes circulaires condamnées et les vestiges des containers où se trouvait matériel, cellule de secours, salle de repos. Nous explorerons tout cela plus tard. Ce n’est pas la priorité. Je dois d’abord calmer mes hommes.

36:04:16 / 08:25

Dun-Nan-Ook ne m’aide pas, au contraire. Je ne sais pas quel sentiment de la peur ou de l’excitation domine. Mon équipe est fascinée par la porte 3 et Dun-Nan-Ook sait pourquoi, c’est certain. Il me semble même qu’il est à l’origine de cette effervescence mais ne me dit rien. Je dois lui parler, sinon nous n’avancerons jamais. Je n’aime pas ces conciliabules.

36:04:16 / 14:32

Nous avons atteint un point de non retour. Ils ne m’écoutent plus. Ils ont pris mon communicateur, je ne contrôle plus rien. Les Sullustéens s’égarent dans cette immense salle et ont commencé à déplacer des gravats. Ca n’a aucun sens. Dun-Nan-Ook est en communication régulière avec la surface. Il est devant la porte 3, je pense qu’il veut l’ouvrir.

36:04:16 / 20:58

Je me trompais, je me trompais totalement. Plus de 20 heures que je suis coincé et je vois mon premier mort. Garen, un technicien qui a fini par bousculer Dun-Nan-Ook devant la porte 3. Deux Sullustéens l’ont massacré à coups de barres de fer. Ils sont venus me parler. Même chose pour moi si j’interfère. Je devrais être honoré d’assister à ce miracle. Les renforts arrivent. Quels renforts ? De quoi parlent-ils ?

36:04:18 / 02:11

Cette mine n’en est plus une depuis longtemps. C’est une tombe. J’aurais dû m’en douter. Deux jours, à peine mangé, bu, dormi. Dun-Nan-Ook a fait exécuter Treen et Kala qui ont essayé d’activer l’élévateur pour s’échapper. Ils ne veulent pas ouvrir la porte 3, ils la gardent. Je vois le symbole peint sur le métal qui a tout déclenché. Un avertissement, pour les gens comme moi sans doute. Les renforts sont arrivés. Des mineurs de Sullust, des durs, l’un d’eux paraît important. Il dit que leurs vaisseaux orbitent autour de la station pour protéger l’accès du lieu. Le Nouveau questionne longuement Dun-Nan-Ook. Je n’ai pas pratiqué la langue depuis longtemps mais je comprends que cet interrogatoire tourne autour de la raison de notre présence ici, de notre fonctionnement. Le Nouveau semble satisfait et plante une longue lame dans la nuque de Dun-Nan-Ook. Personne ne proteste, pas même la victime. J’ai l’impression que mes tremblements vont faire écrouler la caverne.

36:04:16 / 16:02

Ils ont aligné les corps de mes collègues, au milieu des autres, ceux qui étaient déjà là. Deux Sullustéens de mon équipe sont tombés, pas assez convaincus par le prêche du Nouveau. Les renforts sont repartis en surface, après des adieux chaleureux à leur chef qui reste ici avec moi. Je saisis tout d’un coup que je suis le dernier humain.

36:04:16 / 16:02

Personne ne partira d’ici, personne. Le feu est allumé, il prendra ailleurs puis se propagera. Mais ici, la nuit tombe. Le Nouveau s’en chargera. Derrière cette porte, la nuit pour nous tous.

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